Edward Snowden : j’ai laissé à d’autres le soin de décider ce qu’il fallait révéler

Le lanceur d’alerte américain Edward Snowden a expliqué lors d’une audition de l’APCE, aujourd’hui, les raisons pour lesquelles il a lancé l’alerte sur l’espionnage pratiqué par le gouvernement et comment il s’est efforcé de minimiser tout préjudice éventuel. Il a aussi fait part de ses réflexions sur la meilleure manière de protéger les lanceurs d’alerte qui sont amenés à révéler des informations dans l’intérêt du public.

S’exprimant depuis Moscou par liaison vidéo lors d’une audition organisée par la commission des questions juridiques de l’APCE, dans le cadre d’un rapport que prépare actuellement Pieter Omtzigt (Pays-Bas, PPE/DC), M. Snowden a déclaré que la surveillance massive constituait une violation des droits légaux et des droits de l’homme, ce qui est « indigne des Etats-Unis ».

Il a dit avoir estimé qu’il était de son devoir de révéler les programmes qui permettent aux services de renseignement américains d’espionner les citoyens aux Etats-Unis et partout dans le monde, mais il a démenti que ses révélations aient nui à la sécurité nationale.

« Si j’avais voulu tout balancer sur internet, j’aurais pu le faire, mais j’ai décidé de m’y prendre autrement. J’ai travaillé avec des journaux et leur ai demandé de discuter avec le gouvernement pour veiller à ce qu’un équilibre soit trouvé (entre la sécurité nationale et l’intérêt public) ».

Il a ajouté : « je crois vraiment que les révélations faites jusqu’à présent étaient dans l’intérêt direct du public et que les dommages potentiels ont été minimisés ».

M. Omtzigt a indiqué que ses collègues et lui-même avaient « tout fait » pour permettre à M. Snowden de participer en personne à cette audition, dans le cadre de l’immunité accordée pour les auditions du Conseil de l’Europe, mais que cela n’a pas été possible.

Anna Myers, une experte du Réseau d’information des lanceurs d’alerte basée à Londres, a expliqué que, de manière générale, la protection des lanceurs d’alerte s’améliore, au moins dans certains pays, dans des domaines comme la criminalité financière, mais qu’il n’en est pas de même en ce qui concerne la sécurité nationale.

Le rapport de M. Omtzigt est attendu dans le courant de l’année.