Milena Santerini : 'Il faut combattre la radicalisation dans le respect des libertés fondamentales'

« Il est primordial de trouver un équilibre entre la lutte contre la radicalisation et le respect des libertés fondamentales », a déclaré Milena Santerini (Italie, SOC), Rapporteure générale sur la lutte contre le racisme et l’intolérance de l’APCE et coordinatrice de l’Alliance parlementaire contre la haine, à l’ouverture d’un séminaire sur la lutte contre le racisme, la haine et l’intolérance en France qui s’est tenu au Sénat français dans le cadre des activités de l’Alliance.

« Limiter de façon disproportionnée la liberté d’expression équivaudrait à tomber dans le piège que les terroristes nous ont tendu et miner les valeurs fondatrices de nos démocraties européennes », a ajouté Mme Santerini. « La lutte contre la haine nous demande un travail patient, de dialogue et d’inclusion. L’Alliance parlementaire contre la haine entend que toutes les formes de discrimination doivent être combattues en même temps, car elles sont étroitement entrelacées et dérivent toutes d’une racine commune », a-t-elle souligné.

« La France s’est dotée d’un dispositif juridique et institutionnel solide et complet pour lutter contre le racisme et l’intolérance », a déclaré dans son intervention Nicole Duranton, Sénatrice française et membre de l'Alliance.

« Il n’en demeure pas moins que, dans le contexte dramatique que nous connaissons, l’on assiste à une augmentation d’actes et de discours islamophobes et antisémites ». Ainsi, a-t-elle ajouté, les discours de haine sur Internet, « les réseaux sociaux en apparaissant de plus en plus comme des vecteurs privilégiés et leur offrant une formidable caisse de résonance ». « Mais comment contrôler les discours de haine sur Internet, lieu par excellence de la désinhibition verbale sous couvert d’anonymat ? Le problème n’est pas tant technique que politique et juridique », a-t-elle souligné.

Anne Brasseur, Ambassadrice du Mouvement contre le discours de haine du Conseil de l'Europe, a rappelé les origines de la Campagne du Conseil de l'Europe "Non à la haine" en 2013, suite aux événements à Utoya. « Les nombreux événements tragiques qui ont suivi nous montrent que cette Campagne, qui vient a été prolongée jusqu'en 2017, reste aussi pertinente que lors de son lancement ».

Se référant à l'implication de la France dans la Campagne, Mme Brasseur a salué l'implication des villes, comme celle de Strasbourg, mais a regretté que le gouvernement n'ait pas encore rejoint activement ce mouvement, tout en espérant qu'il le fera prochainement.

En clôturant le séminaire, Pierre-Yves Le Borgn', a noté ‘une feuille de route’ dans les différentes propositions évoquée. « La coopération entre États reste plus que jamais essentielle. Il nous faut également mobiliser le Comité des Ministres autant que nous le pouvons par le biais des initiatives que nous, parlementaires, lançons. Et aussi - a-t-il ajouté - rien ne vaut l'exposition des jeunes à ce que la nature humaine a produit de pire. Leur montrer des lieux de mémoire, leur apprendre, peut nous aider à les mobiliser, à les rallier à notre cause ».