La dimension de genre de la crise des réfugiés 'a été largement négligée'

De nombreuses femmes et filles demandeuses d’asile ont été exposées à une violence fondée sur le genre exercée sous de multiples formes – contrainte, prostitution forcée, harcèlement, sexe de survie, esclavage sexuel ou autres formes d’extorsion. Pour autant, « leur protection contre la violence n’a pas été jugée prioritaire dans la gestion de la crise des réfugiés », a affirmé aujourd’hui la Commission sur l’égalité et la non-discrimination. Selon les parlementaires, « la dimension de genre de la crise des réfugiés a été largement négligée ».


En adoptant à l’unanimité un projet de résolution basé sur le rapport de Gisela Wurm (Autriche, SOC), la commission a souligné qu’assurer la protection contre la violence fondée sur le genre à toutes les femmes « doit être une priorité, quel que soit leur statut ». La responsabilité d’aider et de protéger les femmes demandeuses d’asile et réfugiées ne se limite pas aux cas de violence perpétrée dans les pays de destination. Ces femmes « doivent recevoir une assistance adéquate pour surmonter le traumatisme qu’elles ont subi dans les pays d’origine ou de transit ».
 

Les parlementaires ont prôné une série de mesures telles que la signature et la ratification « sans plus attendre », pour les États qui ne l’ont pas encore fait, des Conventions du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et sur la lutte contre la traite des êtres humains. En ce qui concerne la sécurité des femmes dans les centres de transit et d’accueil, il faudrait veiller dans ces centres à la présence de femmes parmi les travailleurs sociaux, les interprètes, les policiers et les gardiens, et créer des espaces sûrs dans tous les centres de transit et d’accueil. Il faudrait aussi fournir aux victimes de violence fondée sur le genre une aide psychologique et des soins médicaux, y compris des services de santé sexuelle et reproductive et des soins spécifiques en cas de viol.
 

La commission a également demandé que soient appliquées des procédures d’asile respectueuses du genre en garantissant la présence de femmes parmi les agents chargés des dossiers d’asile et les interprètes. Parmi les autres mesures à favoriser, les parlementaires ont cité les programmes de réinstallation et de relocalisation - qui représentent pour les demandeurs d’asile et les réfugiés la manière la plus sûre de venir en Europe- , le regroupement familial et l’investissement dans des programmes d’intégration économique et sociale destinés aux réfugiées.
 

L’Assemblée débattra de ce projet de résolution lors de la Session plénière de printemps (Strasbourg, 24-28 avril).