L'Alliance parlementaire contre la haine: lieux de mémoire et institutions culturelles

Nous observons, une fois encore, une « recrudescence très inquiétante du discours antisémite, antitsigane et islamophobe et, en particulier, des propos hostiles aux réfugiés et migrants », a déclaré Valeriu Nicolae, Représentant spécial du Secrétaire Général pour les questions relatives aux Roms, devant l’Alliance parlementaire contre la haine le 21 mars 2017, à Paris.

Comment faire pièce à de tels discours et au risque d’escalade comme cela s’est produit plus d’une fois dans l’Histoire ? Perpétuer le souvenir de l’époque où les préjugés ont conduit à la discrimination, à la violence, voire au génocide, est l’un des nombreux moyens de lutter contre la haine aujourd’hui. Le Musée américain du Mémorial de l’Holocauste poursuit cette mission depuis sa création en 1993 et a reçu plus de quarante millions de visiteurs comme l’a expliqué M. Paul Shapiro, Directeur du Centre des hautes études sur l’Holocauste du Musée, aux membres de l’Alliance. Le Musée se veut un mémorial vivant et non pas simplement une collection d’objets et de documents.

La Commission européenne, qui combat toutes les formes de racisme et de xénophobie, a institué, en 2015, le poste de coordinateur/trice de la lutte contre l’antisémitisme, confié à Mme Katharina Von Schnurbein, et celui de coordinateur/trice de la lutte contre l’islamophobie, confié à M. David Friggieri qui a participé à cette réunion de l’Alliance. Les deux coordinateurs font office d’agents de liaison pour les communautés juive et musulmane et coopèrent avec les organisations internationales, les Etats membres de l’Union européenne, les institutions européennes et la société civile afin de renforcer les politiques visant à combattre l’antisémitisme et l’islamophobie. M. Friggieri a fait remarquer qu’il ne fallait pas laisser les Juifs et les Musulmans faire face seuls à ces fléaux mais qu’il incombait à la société dans son ensemble de s’y attaquer.

Les lieux qui rappellent l’Holocauste sont nombreux sur l’ensemble de notre continent, montrant que l’extermination des Juifs, comme l’a affirmé M. Shapiro, était un « projet européen ». Il existe aussi des sites où la mémoire de la discrimination envers les Roms peut être entretenue et partagée ; il en va de même de l’islamophobie, de la xénophobie et de l’esclavage. Nombre d’entre eux doivent être reconnus comme des lieux de mémoire ou mieux organisés et promus en tant que tels.

L’Alliance contre la haine continuera à travailler sur ces thèmes en coopération également avec le Musée américain du Mémorial de l’Holocauste et des partenaires traditionnels, comme les parlements nationaux et les responsables de la Campagne contre le discours de haine. Tous ceux qui sont conscients des manifestations de haine et des pratiques de discrimination en Europe devraient s’associer à cette action. Comme l’Histoire nous l’a appris, fermer les yeux sur ces phénomènes et ne pas agir nous en rend complices.