Libye : le Conseil de l’Europe doit être prêt à faire bénéficier le pays de son expertise dans le domaine institutionnel

« À l’issue de ma visite d'information à Tunis (8-9 novembre) et de ma rencontre avec Ahlem Gharbi (14 novembre), conseiller pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient du Président français, M. Macron, je crois possible que les Libyens entament à nouveau un véritable dialogue politique, qui associera davantage toutes les parties en présence qu’il ne l’avait fait jusqu’à présent, en vue de la paix », a déclaré Attila Korodi (Roumanie, PPE/DC), qui prépare actuellement un rapport de l’APCE sur « L’avenir de la Libye entre les menaces du terrorisme et une perspective démocratique ».

« L’impulsion donnée par M. Salame, représentant spécial en Libye du Secrétaire général des Nations Unies, grâce à son plan d’action, représente la réponse adéquate à apporter à la situation en ce moment précis et il n’est pas étonnant que tous les acteurs internationaux souscrivent pleinement à ce plan », a-t-il ajouté.

« Je sais que les Européens considèrent la Libye comme un sujet de préoccupation sur le plan des migrations et du terrorisme. Mais il ne faut pas confondre les effets et leurs causes : le problème des migrations et du terrorisme se pose par ce qu’il n’existe aucune structure politique et administrative unifiée en Libye. Elle ne pourra se mettre en place sans l’instauration de la paix. Par ailleurs, n’oublions pas que les Libyens eux-mêmes et leurs voisins, à commencer par la Tunisie, ainsi que les migrants, sont les premières victimes, et dans des proportions considérables, du chaos militaire et politique qui règne en Libye », a souligné le rapporteur.

« Le Conseil de l’Europe doit être prêt à faire bénéficier un pays qui n’est pas encore stabilisé, et qui se situe aux frontières de ses États membres, de son expertise dans le domaine institutionnel, surtout pour la rédaction d’une Constitution, la mise en place d’institutions fonctionnelles et la création d’un cadre électoral. Le moment venu, si la Libye lui en fait la demande, le Conseil de l’Europe mettra à sa disposition son savoir-faire sur ces questions », a conclu M. Korodi.