Pour une révision des législations concernant le statut des journalistes en Europe

L’effondrement du modèle traditionnel des médias d’information et le développement des médias en ligne sont directement liés à la précarisation de la profession du journaliste. Le nombre de journalistes freelances explose, les conditions de travail se détériorent et les inégalités inacceptables entre les femmes et les hommes au sein de la profession se creusent, a alerté aujourd’hui la Commission de la Culture de l’APCE, réunie à Budapest.

En adoptant, à l’unanimité, un projet de résolution, basé sur le rapport d’Elvira Drobinski-Weiss (Allemagne, SOC), les parlementaires ont demandé aux gouvernements européens d’assumer pleinement leur obligation positive de protéger les professionnels des médias, en prenant toutes les mesures nécessaires pour assurer la liberté d’expression et la protection des sources et pour mettre fin à l’impunité des attaques contre les journalistes.

« La législation nationale concernant le statut des journalistes devrait être revue, pour identifier d’éventuels éléments nécessitant une mise à jour, en tenant compte des évolutions technologiques et économiques récentes ». Ils ont demandé également d’explorer des pistes de financement alternatif dans un nouvel écosystème médiatique, y compris la redistribution de recettes publicitaires générées par les moteurs de recherche ou les médias sociaux et l’insertion des freelances dans le champ de compétence du droit social en termes de tarifs minimaux.

Le texte adopté appelle les syndicats et les organisations de journalistes à s’adapter aux mutations sociétales rapides, y compris en ce qui concerne le statut des journalistes « qui devrait être évolutif, l’essentiel résidant dans les tâches et non dans la définition légale ».