Intensifier le travail législatif et de sensibilisation pour lutter contre le sexisme à l’égard des femmes parlementaires

S’exprimant lors d’un évènement à Genève sur la violence à l’égard des femmes en politique, en marge de la 41ème Session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, Liliane Maury Pasquier, Présidente de l’APCE, a souligné que de l’étude conjointe UIP/APCE menée en 2018, montrait que la quasi-totalité des femmes sondées (parlementaires et membres du personnel parlementaire féminin) avaient été touchées d’une manière ou d’une autre par le sexisme, le harcèlement et la violence.

« Dans ce contexte, le rôle des parlementaires est double : sur le plan législatif, nous devons adopter un cadre juridique clair pour sanctionner les abus et favoriser l’éducation à l’égalité. Mais nous devons également mener un travail de sensibilisation pour faire évoluer les mentalités », a-t-elle déclaré. « C’est dans ce sens que s’inscrit la campagne #PasDansMonParlement que nous avons lancée fin 2018 », a souligné la Présidente, suggérant que cette initiative pouvait dépasser le cadre parlementaire pour mobiliser un maximum de personnes : « Tout le monde peut adapter ce hashtag et s’approprier la campagne ».

Thorhildur Sunna Ævarsdóttir (Islande, SOC), rapporteure de l’APCE sur le thème « Pour des parlements sans sexisme ni harcèlement sexuel », a mis l’accent sur « le travail de sensibilisation et de mobilisation indispensable » des parlements pour changer les mentalités, et sur la nécessité de prévoir une interdiction claire de tout acte de sexisme et harcèlement – comme c’est le cas au parlement islandais – tout en appliquant des sanctions efficaces. « Il est essentiel de promouvoir des études nationales, sur la base de l’étude UIP/APCE », a-t-elle souligné.

Béatrice Fresko-Rolfo (Monaco, ADLE), rapporteure générale de l’APCE sur la violence à l’égard des femmes, qui animait la discussion, a rappelé le rôle important du Réseau parlementaire pour le droit des femmes de vivre sans violence, qu’elle coordonne. « Le Réseau s'est employé sans relâche à tenter d'améliorer les normes juridiques et politiques dans le domaine de la prévention de la violence à l'égard des femmes, de la protection des victimes et de la poursuite des auteurs de violences », a-t-elle déclaré, ajoutant que promouvoir la Convention d'Istanbul restait au cœur de sa mission.

Martin Chungong, Secrétaire Général de l’UIP a, quant à lui, illustré les résultats de l’étude UIP/APCE, soulignant que très peu de femmes dénonçaient les abus. « Cette question doit être traitée d’urgence par les parlements. L’absence d’un mécanisme permettant de dénoncer les abus est symptomatique du manque de compréhension de ces phénomènes », a-t-il déclaré. M. Chungong a annoncé que l’UIP allait publier d’autres études régionales et prévoyait également cet automne la sortie d’une publication regroupant les bonnes pratiques identifiées au niveau global.

Cet évènement – organisé par l’APCE, l'UIP, ONU Femmes, les missions permanentes du Canada et du Costa Rica auprès de l’ONU, et la Présidence française du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe – avait pour objectif de faire le point sur les initiatives juridiques et politiques en cours, visant à mettre un terme à la violence à l’égard des femmes en politique, partager les expériences, et consolider les partenariats au niveau mondial, régional et national.

En marge de cette session du Conseil des droits de l’homme, Mme Maury Pasquier a également rencontré Kate Gilmore, la Haute-Commissaire adjointe aux droits de l’homme.