Une nouvelle loi italienne limitant le sauvetage de migrants ‘pourrait augmenter le nombre de victimes’

Une nouvelle loi italienne restreignant les ONG de sauvetage de migrants pourrait « augmenter le nombre de victimes » et devrait être soumise à l'avis d'experts internationaux avant son entrée en vigueur, selon Doris Fiala (Suisse, ADLE), Présidente de la Commission des migrations de l'APCE.

« Je partage les préoccupations du HCR concernant l'adoption par le Parlement italien, au début du mois, d'une loi imposant des restrictions importantes aux opérations des ONG qui gèrent des navires de sauvetage de migrants », a déclaré Mme Fiala.

« La loi prévoit des sanctions sévères pour le transport des migrants secourus vers les ports italiens et autorise la saisie des navires. Elle aggrave les dangers auxquels sont confrontés les migrants et les réfugiés – qui prennent déjà d'énormes risques en traversant la Méditerranée – et risque d'augmenter le nombre de victimes ».

« En outre, elle contredit les récentes résolutions de l'APCE, en particulier la Résolution 2229 (2018) qui appelle les Etats membres du Conseil de l'Europe à « autoriser les navires commerciaux et non gouvernementaux à pénétrer dans les ports des Etats côtiers et à aider ces navires dans leurs opérations de sauvetage », a-t-elle ajouté.

« J'invite le Parlement italien à demander l'avis d'experts internationaux sur cette loi auprès du Conseil de l'Europe et du HCR, avant de la faire entrer en vigueur ».

Mme Fiala, Présidente de la commission, a également exhorté une nouvelle fois la communauté européenne à faire enfin preuve de solidarité avec l'Italie et à partager le fardeau de la réinstallation des migrants. « Nous devons également nous attaquer aux causes profondes de la migration et nous efforcer au niveau mondial de limiter le changement climatique – qui peut conduire à une catastrophe environnementale – lutter contre la corruption, et créer davantage d’opportunités de développement en Afrique », a-t-elle conclu.