Les conséquences du Brexit pour les migrations

La Commission des migrations a appelé les autorités britanniques – que le Brexit finisse par se produire ou non – à « entreprendre un examen approfondi de tous les aspects des politiques migratoires », de l’entrée à l’installation en passant par le séjour, en particulier des règles qui s’appliquent aux travailleurs qualifiés et non qualifiés, aux étudiants et doctorants et aux candidats au regroupement familial, et à « envisager de passer d’un système d’enregistrement de nature constitutive à un système de nature déclaratoire pour le droit de séjour ».

Selon la commission, la décision prise par le Royaume-Uni de quitter l’UE est évidemment lourde de conséquences pour les droits de millions de citoyens partout en Europe. Parmi les droits en jeu figurent les droits au travail, à l'éducation et à la formation, le droit de séjour, le droit au regroupement familial, le droit à une pension, le droit de vote et le droit aux soins de santé. Quelles que soient les mesures finalement prises pour mettre en œuvre le Brexit, « les autorités britanniques devront veiller à ce que les ressortissants de l’Union européenne installés au Royaume-Uni qui sont éligibles au statut de résident permanent disposent d’assez de temps et de ressources pour demander un droit de résidence illimité », a souligné la commission.

Le projet de résolution, basé sur le rapport préparé par Killion Munyama (Pologne, PPE/DC), rappelle qu’une grande incertitude pèse aussi sur les droits des 1,2 million de Britanniques installés dans des pays de l’Union européenne, qui deviendront soudainement des ressortissants de pays tiers une fois que le Royaume-Uni se sera retiré de l’Union européenne.

Le débat autour du Brexit serait l’occasion, selon les parlementaires, « de modifier les représentations autour de la migration et d’illustrer les avantages mutuels que procure l’immigration tant aux migrants eux-mêmes qu’à la collectivité locale du pays d’accueil ». Par exemple, les migrants de l’EEE versent à eux seuls au fisc britannique 2 milliards de livres sterling par an. La commission a encouragé le Royaume-Uni à poursuivre cet objectif en intensifiant ses efforts pour combattre le discours négatif, « qui tend à être exacerbé par la frustration et l’incompréhension face à l’impasse des négociations actuelles et au manque de progrès dans une direction claire ».