COVID-19 : un impact 'dévastateur' sur la santé mentale des enfants

Les participants à un webinaire en ligne de l'APCE ont examiné aujourd'hui les enseignements tirés de la crise du COVID-19 concernant la sauvegarde et la protection des enfants, et ont conclu que la pandémie avait eu un effet ‘dévastateur’ sur la santé mentale des enfants, avec un impact particulier sur les jeunes qui ne pouvaient pas pratiquer de sport.

L'événement, organisé par la Commission des affaires sociales, de la santé et du développement durable de l'Assemblée, a réuni des parlementaires et des personnalités de premier plan dans le domaine de la protection de l'enfance et du monde du sport.

La Baronne Doreen Massey (Royaume-Uni, SOC), rapporteure de l'APCE sur la violence sexuelle à l'égard des enfants, a déclaré que si de nombreuses questions étaient problématiques bien avant la COVID-19, les réponses à la pandémie « n'avaient pas abordé la question de savoir comment les enfants seraient affectés par le confinement ». Elle a cité l'augmentation de la violence domestique, de la consommation d'alcool, de la pornographie violente, ainsi que des enfants non scolarisés qui ne peuvent pas bénéficier de l'aide des services sociaux. Tout cela, a-t-elle souligné, signifie que « les problèmes sont stockés pour l'avenir ». Son rapport sur ce sujet doit être débattu par la Commission permanente de l'APCE la semaine prochaine.

Dorothy Rozga, responsable des droits de l'enfant au Centre for Sport and Human Rights, a déclaré que son organisation était sur le point de publier un rapport sur la manière dont la COVID-19 a affecté les droits de l'enfant dans le contexte du sport. « La pandémie a eu des effets négatifs sur la santé physique et mentale des jeunes athlètes », a-t-elle déclaré, soulignant que « le sport était un refuge pour les enfants, qui a été perdu pour beaucoup d’entre eux durant la pandémie ». Le sport électronique en particulier – qui a prospéré pendant le confinement – a besoin de politiques et de procédures de sauvegarde. La protection des enfants devrait devenir « la nouvelle norme » dans le monde du sport.

George Nikolaidis, ancien Président et représentant de la Grèce au sein du Comité de Lanzarote, a déclaré que la pandémie avait eu un impact ‘dévastateur’ sur la santé mentale des enfants. La peur du virus, les graves perturbations de la vie sociale des enfants et la pression financière exercée sur les familles ont eu un impact négatif sur le bien-être des enfants, tandis que le confinement à la maison les a coupés des réseaux de soutien habituels et – en particulier les adolescents – vivent de plus en plus leur vie en ligne. « La violence contre les enfants est une autre pandémie, qui résonnera pendant des décennies », a-t-il déclaré.

Joyce Cook, Chef de la Responsabilité sociale et de l'Education à la FIFA, a décrit ce que l'organisme mondial du football fait pour assurer la sécurité des jeunes athlètes. La FIFA a lancé une « boîte à outils pour les gardiens », a créé un département de protection et travaille sur un diplôme de « protection dans le sport », le premier cours de ce genre au monde. Elle reconnaît qu'il y a eu des cas très médiatisés, qui font actuellement l'objet d'une enquête, et s'engage à ce que la FIFA prenne cette responsabilité au sérieux. « Nous devons intégrer des mesures de sauvegarde, afin que les enfants soient libres de profiter du sport comme une expérience amusante et joyeuse », a-t-elle déclaré.

Aaron Smith, Ambassadeur de la jeunesse pour le Conseil des Jeux du Commonwealth d'Irlande du Nord, a déclaré que les jeunes devraient pouvoir exister dans « un espace sûr, sans jugement ni risque d’être ridiculisés ». Les enfants devraient pouvoir pratiquer un sport dans un environnement sûr, les adultes qui travaillent avec les enfants étant soumis à des contrôles. Les enfants devraient être « encouragés à grandir et à réussir » plutôt que d'être exclusivement poussés à gagner. Les jeunes devraient être traités avec « sympathie, authenticité et respect », les équipes de jeunes étant traitées d'abord comme des enfants, puis comme des athlètes.