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<html>

<head>

<meta name="GENERATOR" content="Microsoft FrontPage 2.0">
<title>Interdiction du clonage d'êtres humains</title>
</head>

<body bgcolor="#FFFFFF">

<p><font size="3" face="New Century Schoolbook,NewCenturySchlbk"><img src="../logotran.gif" width="311" height="162"></font></p>

<hr size="1">

<p><font size="6" face="Times"><b>Interdiction du clonage
d'êtres humains</b></font></p>

<p><font face="Times"><b>Rapport</b></font></p>

<p><font face="Times"><b>Doc. 7895</b></font></p>

<p><font face="Times">5 septembre 1997<b> </b></font></p>

<p align="left"><font face="Times"><b>Rapporteur: M. Gian-Reto
Plattner, Suisse, Groupe socialiste</b></font></p>

<hr size="1">

<p align="left"><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times"><i>Résumé</i></font></p>

<p><font face="Times">La biotechnologie permet aujourd'hui de
reproduire l'être humain par clonage, en divisant un embryon ou
en remplaçant le noyau d'une cellule. La première technique
produit des jumeaux (ou autres naissances multiples) issus d'un
même oeuf (c'est-à-dire identiques), tandis que la seconde
repose sur la reproduction asexuée, qui fait l'objet d'une
attention considérable depuis qu'on est parvenu à créer une
brebis (la désormais célèbre Dolly) en remplaçant le noyau
d'une cellule d'un oeuf par celui d'une cellule de brebis adulte.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">L'objet du présent rapport est de faire
valoir que toute intervention destinée à cloner des êtres
humains doit être interdite et assortie de sanctions. Le Conseil
de l'Europe devrait rapidement adopter le projet de Protocole
additionnel à la Convention sur les droits de l'homme et la
biomédecine relatif à l'interdiction du clonage d'êtres
humains (voir Doc. 7884 rév.) Ce Protocole interdit
expressément toute intervention dont le but serait de créer un
être humain génétiquement identique à un autre être humain,
vivant ou mort (l'expression &quot;êtres humains génétiquement
identiques&quot; s'entend d'êtres humains partageant le même
ensemble de gènes nucléaires).</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">La raison principale est la conviction que
la production volontaire d'êtres humains génétiquement
identiques porterait atteinte à la dignité et à l'intégrité
des êtres humains, perçus à la fois comme individus et comme
membres de l'espèce humaine. De tels actes sont donc à prohiber
conformément à l'Article premier et aux autres dispositions de
la Convention sur les droits de l'homme et la biomédecine.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p align="left"><font face="Times"><b>I. Projet d'avis sur le
projet de Protocole additionnel à la Convention</b></font></p>

<p align="left"><font face="Times"><b>sur les droits de l'homme
et la biomédecine, portant interdiction du clonage d'êtres
humains</b></font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">1. L'Assemblée rappelle sa Recommandation
1046 (1986) relative à l'utilisation d'embryons et foetus
humains à des fins diagnostiques, thérapeutiques,
scientifiques, industrielles et commerciales, dans laquelle les
gouvernements des Etats membres du Conseil de l'Europe sont
invités &quot;à interdire la création d'êtres humains
identiques par clonage ou par d'autres méthodes&quot;. Cette
recommandation est reprise dans l'article 20 du rapport sur la
procréation humaine artificielle établi par le Comité ad hoc
d'experts sur les progrès des sciences biomédicales (CAHBI,
1989), aux termes duquel &quot;l'utilisation des techniques de
procréation artificielle afin de créer des être humains
identiques par clonage ou par toute autre méthode doit être
interdite&quot;.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">2. Elle note que selon l'article 13 de la
Convention sur les droits de l'homme et la biomédecine,
&quot;une intervention ayant pour objet de modifier le génome
humain ne peut être entreprise que pour des raisons
préventives, diagnostiques ou thérapeutiques et seulement si
elle n'a pas pour but d'introduire une modification dans le
génome de la descendance&quot; ; cet article interdit donc de
manière implicite le clonage d'êtres humains.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">3. Elle renvoie également à l'article
premier de la même Convention, aux termes duquel &quot;les
Parties à la présente Convention protègent l'être humain dans
sa dignité et son identité et garantissent à toute personne,
sans discrimination, le respect de son intégrité et de ses
autres droits et libertés fondamentales à l'égard des
applications de la biologie et de la médecine.&quot;. Étant
donné que le clonage porte atteinte à la dignité et à
l'intégrité d'êtres humains perçus à la fois comme individus
et comme membres de l'espèce humaine, cet article interdit lui
aussi le clonage d'êtres humains.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">4. L'Assemblée a par ailleurs pris note de
la Déclaration du Conseil européen relative à l'interdiction
du clonage d'êtres humains, de la Résolution du Parlement
européen sur le clonage, de la proposition de loi américaine de
1997 interdisant le clonage, de la Déclaration universelle de
l'Unesco sur le génome humain et les droits de l'homme, et de la
résolution de l'Assemblée mondiale de la santé sur le clonage
dans la reproduction humaine. Tous ces textes traduisent une
prise de position très nette contre le clonage d'êtres humains.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">5. Elle se félicite de la rapidité avec
laquelle le Comité des Ministres a réagi, en mai 1997, au
tollé suscité dans l'opinion publique par la production du
clone de brebis baptisé Dolly, en chargeant le Comité directeur
pour la bioéthique (CDBI) de donner un avis sur le clonage
d'êtres humains.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">6. Elle se réjouit de la rapidité de la
réponse du CDBI qui, en juin 1997, a soumis au Comité des
Ministres un avis sur le clonage d'êtres humains. Elle note que
le CDBI a convenu de la nécessité d'adopter, au sein du Conseil
de l'Europe, des dispositions contraignantes interdisant
expressément toute intervention dont le but serait de créer un
être humain génétiquement identique à un autre être humain,
vivant ou mort, l'expression &quot;être humain génétiquement
identique&quot; s'entendant d'êtres humains qui partageraient le
même ensemble de gènes nucléaires. Elle note, au surplus, que
le CDBI a reconnu dans l'élaboration d'un Protocole additionnel
à la Convention sur les droits de l'homme et la biomédecine le
meilleur moyen de faire passer de telles dispositions.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">7. L'Assemblée se félicite de la
décision prise par le Comité des Ministres à sa réunion de
juillet 1997 de solliciter son avis concernant le projet de
Protocole additionnel à la Convention sur les droits de l'homme
et la biomédecine relatif à l'interdiction du clonage d'êtres
humains.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">8. Compte tenu de tous ces aspects de la
question, l'Assemblée recommande au Comité des Ministres:</font></p>

<ol type="i" start="1">
    <li><font face="Times">d'adopter rapidement le projet de
        Protocole additionnel à la Convention sur les droits de
        l'homme et la biomédecine relatif à l'interdiction du
        clonage d'êtres humains; </font></li>
    <li><font face="Times">d'inviter les gouvernements des Etats
        membres ou observateurs, en application des dispositions
        du projet de Protocole additionnel relatif à
        l'interdiction du clonage d'êtres humains, à établir
        et à mettre en oeuvre une législation interdisant toute
        intervention destinée à créer un être humain
        génétiquement identique à un autre être humain,
        vivant ou mort, l'expression &quot;être humain
        génétiquement identique&quot; s'entendant d'êtres
        humains partageant le même ensemble de gènes
        nucléaires, et à prévoir des sanctions pénales en cas
        de violation de cette interdiction;</font></li>
    <li><font face="Times">de demander à l'Assemblée générale
        de l'ONU d'adopter des dispositions interdisant
        explicitement le clonage d'êtres humains dans le monde
        entier, en s'inspirant du Protocole additionnel établi
        par le Conseil de l'Europe en la matière;</font></li>
    <li><font face="Times">d'encourager les Etats membres à
        améliorer et à accroître l'information et l'éducation
        dans le domaine de la recherche biotechnologique
        concernant les êtres humains en vue de renforcer le
        soutien du public en faveur des principes contenus dans
        la Convention sur les droits de l'homme et la
        biomédecine et ses Protocoles additionnels</font></li>
    <li><font face="Times">de renforcer le secrétariat
        travaillant avec la Convention sur les droits de l'homme
        et la biomédecine et avec ses Protocoles afin
        d'accélérer l'avancement des travaux.</font></li>
</ol>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p align="left"><font face="Times"><b>II. Projet de directive sur
la recherche et le clonage d'êtres humains</b></font></p>

<p><font face="Times">1. Le clonage d'une brebis et d'autres
animaux, la possibilité de cloner des êtres humains et les
travaux de recherches menés dans ce domaine ont vivement attiré
l'attention du public récemment.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">2. Dans son Avis n</font><font face="Symbol">°</font><font face="Times"> ... (1997),
l'Assemblée s'est prononcée en faveur de l'interdiction de
toute intervention visant à créer un être humain
génétiquement identique à un autre être humain, vivant ou
mort (l'expression &quot;être humain génétiquement
identique&quot; s'entendant d'êtres humains partageant le même
ensemble de gènes nucléaires).</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">3. L'Assemblée et le Parlement européen
ont également souhaité que le clonage d'êtres humains soit
explicitement interdit dans le monde entier.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">4. L'Assemblée estime qu'il ne faut pas
mener de travaux susceptibles de conduire au clonage d'êtres
humains.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">5. En conséquence, elle charge sa
commission de la science et de la technologie d'organiser, en
association étroite avec les parlements des Etats observateurs
et le Parlement européen, ainsi qu'en coopération avec la
Fondation scientifique européenne, un débat sur l'attitude de
la communauté des chercheurs vis-à-vis des travaux pouvant
conduire au clonage d'êtres humains ou des interventions visant
à parvenir à ce type de clonage, afin d'encourager les
chercheurs à prendre des initiatives pour prévenir
effectivement de telles recherches et interventions, dans
l'esprit de la Convention sur les droits de l'homme et la
biomédecine et de son projet de Protocole additionnel relatif à
l'interdiction du clonage d'êtres humains.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p align="left"><font face="Times"><b>III. Expose des motifs par
M. Plattner</b></font></p>

<p><font face="Times"><b>I. Introduction</b></font></p>

<p><font face="Times">1. L'annonce parue le 24 février 1997,
selon laquelle le Dr&nbsp;Wilmut, de l'Institut Roslin, en
Ecosse, avait réussi à cloner une brebis à partir d'une
cellule somatique (c'est-à-dire non reproductrice) de brebis
adulte, a fait la une des journaux dans le monde entier. Cette
découverte a immédiatement déclenché un débat au sujet des
possibilités de renouveler l'expérience sur l'être humain.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">2. Dans mon propre pays, la Suisse, une
secte appelée le &quot;Mouvement raëlien&quot; offre aux
parents, par le biais de l'Internet, la possibilité de cloner
leur enfant pour la somme approximative de trois cent mille
francs suisses. Cette secte prétend avoir créé aux Bahamas une
entreprise indépendante, &quot;<i>Valiant Venture Limited</i>&quot;,
qui se charge d'effectuer les clonages et de préserver des
cellules d'enfants vivants afin de pouvoir éventuellement
produire des clones, par exemple en cas de décès prématuré de
l'enfant.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">3. Les recherches sur le clonage ont
naturellement d'autres objectifs : on peut employer par exemple
des techniques de clonage dans les cultures ou l'élevage. Ces
questions ne sont pas traitées ici. S'agissant du clonage de
cellules humaines, il faut distinguer trois situations:</font></p>

<ol type="i" start="1">
    <li><font face="Times">clonage de cellules somatiques
        humaines ;</font></li>
    <li><font face="Times">clonage de cellules embryonnaires
        humaines, considéré en tant que technique;</font></li>
    <li><font face="Times">clonage d'un être humain par
        implantation d'une cellule reproductrice dans l'utérus
        d'une femme.</font></li>
</ol>

<blockquote>
    <blockquote>
        <blockquote>
            <blockquote>
                <p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>
            </blockquote>
        </blockquote>
    </blockquote>
</blockquote>

<p><font face="Times">4. Si la première situation est pleinement
acceptable du point de vue éthique, la deuxième appelle des
réflexions approfondies et un complément d'évaluation. Il en
sera question dans le Protocole additionnel de la Convention sur
les droits de l'homme et la biomédecine relatif à la protection
de l'embryon, que le Comité des Ministres a demandé au CDBI
d'élaborer. Enfin, la troisième situation, qui fait l'objet du
présent rapport, est éthiquement et moralement inacceptable par
la plupart des gens. Le rapport préconise, en outre, qu'un
débat plus vaste s'instaure avec les scientifiques sur les
incidences éthiques des recherches biotechnologiques pouvant
conduire au clonage d'êtres humains.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">5. Les documents de travail établis par le
CDBI (Comité directeur pour la bioéthique) et le débat mené
au sein de ce Comité du 17 au 19 juin 1997 ont été
particulièrement utiles à l'élaboration du présent rapport.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">6. Il importe que les travaux portant sur
le Protocole additionnel relatif à la protection de l'embryon
progressent aussi rapidement que possible et ne soient pas
retardés par des goulets d'étranglement dus à une quelconque
insuffisance numérique des ressources humaines. Or, votre
Rapporteur est d'avis que tel est malheureusement le cas. Il faut
donc presser le Comité des Ministres de renforcer le
secrétariat travaillant avec la Convention sur les droits de
l'homme et la biomédecine ainsi qu'avec ses Protocoles
additionnels.</font></p>

<p><font face="Times"><b></b></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times"><b>II. Science du clonage</b></font></p>

<p><font face="Times">7. Le clonage est un processus permettant
de produire des organismes génétiquement identiques. Étant
donné, cependant, que certains gènes peuvent subir des
mutations ou se perdre lors du développement de l'organisme,
l'identité absolue sera toujours impossible à obtenir.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">8. Selon toute vraisemblance, toutefois, le
clonage d'un être humain à partir des &quot;vieilles&quot;
cellules d'un adulte aboutira, au mieux à la proximité
génétique des deux organismes, au pire à un embryon affligé
de défauts génétiques.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">9. Le clonage peut s'effectuer, soit par
division d'un seul embryon - comme cela se produit naturellement
(quoique rarement) chez l'être humain, le résultat en étant
deux jumeaux identiques -, auquel cas les gènes nucléaires et
un petit nombre de gènes mitochondriaux sont identiques, soit
par transfert nucléaire - c'est-à-dire transfert d'un noyau
cellulaire étranger dans une cellule reproductrice -et seuls les
gènes nucléaires sont alors identiques. Il est permis
d'imaginer qu'on pourra un jour mettre au point d'autres
méthodes, ou une combinaison de ces deux méthodes. Dans le
présent rapport, &quot;êtres humains génétiquement
identiques&quot; s'entend d'êtres humains partageant le même
ensemble de gènes nucléaires.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">10. Les produits de la reproduction
asexuée (ou clonage) sont génétiquement identiques entre eux.
Ce type de reproduction s'observe dans la nature chez certains
organismes simples, mais l'évolution l'a abandonné pour presque
toutes les espèces, car il engendre bien trop peu de diversité,
alors que celle-ci est le principal agent de l'évolution vers
des formes de vie supérieures. En revanche, les produits de la
reproduction sexuée sont génétiquement très divers (sauf ceux
- monozygotes - de naissances multiples), en raison du caractère
aléatoire de la combinaison des gènes mâles et femelles.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">11. Le clonage sert depuis longtemps à
produire des végétaux, et le clonage par transfert d'un noyau
cellulaire d'embryon a également servi à cloner divers
mammifères (souris, lapins, moutons, veaux). Grâce à des
recherches récentes, on peut désormais utiliser des cultures
cellulaires provenant d'embryons ou de tissus mammaires
(transfert d'un noyau cellulaire d'un adulte). C'est ce qui s'est
fait avec la brebis Dolly, clonée à l'Institut Roslin, en
Écosse (après 277 essais infructueux).</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">12. La biotechnologie sert à accroître le
nombre de naissances dans l'élevage. Rien ne prouve, par contre,
qu'elle permette de provoquer davantage de naissances multiples
chez l'être humain.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times"><b>III. Conséquences pour l'être humain</b></font></p>

<p><font face="Times">13. Lorsqu'on examine les conséquences du
clonage pour l'être humain, on doit établir une distinction
selon que le remplacement du noyau est effectué aux fins de
clonage ou à des fins thérapeutiques, par exemple pour éviter
les très graves conséquences des maladies mitochondriales.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">14. Les jumeaux identiques (ou monozygotes)
illustrent parfaitement l'écart entre identité génétique et
identité absolue, car ils peuvent être différents sur le plan
physique comme sur le plan psychologique. Des individus clonés
à partir d'une cellule d'un adulte pourraient être encore plus
différents du donneur, car leurs cellules mitochondriales
seraient dissemblables : ils différeraient par l'âge, leur
environnement avant et après la naissance, et la manière dont
ils seraient élevés. Il est évidemment impossible de savoir
comment ils vieilliraient, quelles maladies ils auraient, etc.,
mais les risques de défauts génétiques seraient élevés. Un
autre Einstein, cloné à partir de l'organisme adulte de
l'illustre savant, aurait sans doute été en mauvaise santé, et
il eût certainement été incapable de comprendre les lois de la
relativité générale, <i>a fortiori</i> de les découvrir !</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">15. Quels que soient les avantages
éventuels de la reproduction par clonage (et je doute qu'il y en
ait beaucoup), tout le monde est bien d'accord pour dire qu'elle
serait contraire au principe de l'unicité de chaque être
humain. En outre, elle ouvrirait la voie à l'eugénisme,
c'est-à-dire à la présélection du patrimoine génétique, et
elle modifierait du tout au tout le système de filiation, dans
la mesure où tout individu né d'un clonage serait à la fois le
jumeau et le descendant d'un autre être humain. Quant à la
coexistence, dans la même population, de personnes nées d'une
procréation entre leurs deux parents et de celles qui seraient
dérivées chromosomiquement d'un seul individu par reproduction
asexuée, elle poserait d'inextricables problèmes d'identité
civile et entraînerait sans aucun doute le risque incalculable
de faire naître de nouvelles formes de discrimination.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">16. Pour ces raisons comme pour bien
d'autres, je pense que la reproduction par clonage d'êtres
humains est fondamentalement inacceptable et incompatible avec
notre notion des droits de l'homme individuels, tels que les
expose la Déclaration universelle des Droits de l'Homme et que
les énonce expressément l'Article premier de la Convention sur
les droits de l'homme et la biomédecine. Le clonage d'êtres
humains doit être explicitement prohibé. </font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times"><b>IV. Travaux antérieurs de l'Assemblée
parlementaire</b></font></p>

<p><font face="Times">17. Dès 1982, l'Assemblée recommandait au
Comité des Ministres, dans sa Recommandation 934 relative à
l'ingéniérie génétique :</font></p>

<blockquote>
    <blockquote>
        <p><font face="Times">&quot;... de prévoir la
        reconnaissance expresse, dans le Convention européenne
        des droits de l'homme, du droit à un patrimoine
        génétique n'ayant subi aucune manipulation, sauf en
        application de certains principes reconnus comme
        pleinement compatibles avec le respect des droits de
        l'homme (par exemple dans le domaine des applications
        thérapeutiques)&quot;.</font></p>
    </blockquote>
    <blockquote>
        <p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>
    </blockquote>
</blockquote>

<p><font face="Times">18. Dans sa Recommandation 1046 (1986)
relative à l'utilisation d'embryons et foetus humains à des
fins diagnostiques, thérapeutiques, scientifiques, industrielles
et commerciales, l'Assemblée a recommandé au Comité des
Ministres &quot;d'interdire a création d'êtres humains
identiques par clonage ou par d'autres méthodes, à des fins de
sélection de la race ou non&quot;.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">19. L'Assemblée a aussi adopté une
recommandation (1100 (1989)) relative à l'utilisation d'embryons
et foetus humains dans la recherche scientifique; en outre, elle
a entrepris et suivi de près les travaux qui devaient conduire
à l'adoption de la Convention sur les droits de l'homme et la
biomédecine. </font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">20. Enfin, à sa réunion de mars 1997, la
Commission de la science et de la technologie de l'Assemblée a
pris position sur le clonage d'êtres humains en demandant
l'interdiction de toute intervention ayant pour objet ce type de
clonage. Cette position a été communiquée au Comité des
Ministres le 19 mars, et transmise au CDBI.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times"><b>V. Convention sur les droits de l'homme
et la biomédecine</b></font></p>

<p><font face="Times">21. La Convention sur les droits de l'homme
et la biomédecine, adoptée par le Comité des Ministres à
l'automne 1996, a été ouverte à la signature en avril 1997.
Vingt-deux États l'ont signée jusqu'à présent, et cinq autres
devraient le faire d'ici la fin de l'année. Elle entrera en
vigueur lorsque cinq États l'auront ratifiée, ce qui pourrait
être acquis en 1998. </font></p>

<p><font face="Times"><b></b></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">22. L'Article premier de la Convention
dispose que &quot;les Parties à la présente Convention
protègent l'être humain dans sa dignité et son identité et
garantissent à toute personne, sans discrimination, le respect
de son intégrité et de ses autres droits et libertés
fondamentales à l'égard des applications de la biologie et de
la médecine.&quot;. Étant donné que le clonage porte atteinte
à la dignité et à l'intégrité des êtres humains
considérés à la fois comme individus et membres de l'espèce
humaine, l'interdiction du clonage d'êtres humains est ainsi
énoncée d'entrée de jeu.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">23. L'Article 13 de la Convention
(&quot;Intervention sur le génome humain&quot;) stipule ce qui
suit : &quot;une intervention ayant pour objet de modifier le
génome humain ne peut être entreprise que pour des raisons
préventives, diagnostiques ou thérapeutiques et seulement si
elle n'a pas pour but d'introduire une modification dans le
génome de la descendance&quot;. Cet article interdit donc
implicitement le clonage d'êtres humains, ainsi que toute
intervention visant à cloner des êtres humains avec un ensemble
de gènes nucléaires artificiellement implanté ou
différencié.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">24. Ces deux citations du texte de la
Convention montrent qu'il faut d'ores et déjà considérer le
clonage d'êtres humains comme se situant aux franges de la
légalité, quand bien même la Convention n'entrera en vigueur
qu'ultérieurement. Ce qui est très clair, en outre, c'est le
rejet unanime du clonage humain par les peuples européens
représentés au Conseil de l'Europe. Nul ne saurait douter de la
ferme volonté qu'ont les Européens de parvenir à
l'interdiction formelle du clonage humain. </font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">25. Le moyen le plus rapide d'interdire
formellement le clonage humain est d'adopter un Protocole
additionnel à la Convention, comme le propose le CDBI. Il serait
certes possible aussi d'inclure dans le Protocole un article sur
la protection de l'embryon humain ou d'insérer un article à cet
effet dans le corps de la Convention elle-même, mais la
première de ces deux méthodes prendrait du temps, et la seconde
apparaîtrait comme un simple remède servant à pallier
l'insuffisance du texte initial de la Convention; aussi votre
Rapporteur soutient-il entièrement la formule proposée par le
CDBI.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times">26. Il importe de renforcer
considérablement l'éducation et l'information relatives à
l'éthique et aux applications biotechnologiques du clonage, pour
que le grand public et les experts soient bien au courant des
incidences éthiques, morales et juridiques de cette technique.
C'est pourquoi je présente un projet de directive chargeant la
Commission de la science et de la technologie :</font></p>

<blockquote>
    <blockquote>
        <p><font face="Times">&quot;d'organiser, en association
        étroite avec les Parlements des États observateurs et
        le Parlement européen, ainsi qu'en coopération avec la
        Fondation scientifique européenne, un débat sur
        l'attitude de la communauté des chercheurs vis-à-vis
        des travaux pouvant conduire au clonage d'êtres humains
        ou des interventions visant à parvenir à ce type de
        clonage, afin d'encourager les chercheurs à prendre des
        initiatives pour prévenir effectivement de telles
        recherches et interventions, dans l'esprit de la
        Convention sur les droits de l'homme et la biomédecine
        et de son projet de Protocole additionnel relatif à
        l'interdiction du clonage d'êtres humains.&quot;</font></p>
        <p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>
    </blockquote>
</blockquote>

<p><font face="Times">Cette discussion vient à point nommé.
Elle recevra l'appui de toutes les institutions qui ont déjà
fait part de leurs inquiétudes vis-à-vis du clonage humain. Ses
résultats aideront à la conduite d'un débat dans et avec le
grand public, afin de convaincre les profanes que dans une
société attachée à la raison, on peut écarter - bien qu'il
soit toujours présent - le danger d'applications immorales,
voire dangereuses de la biotechnologie, de façon à pouvoir - le
moment venu - recueillir sans crainte les avantages de celle-ci.</font></p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times"></font>&nbsp;</p>

<hr size="1">

<p><font face="Times"><i></i></font>&nbsp;</p>

<p><font face="Times"><i>Commission saisie du rapport</i>:
commission de la science et de la technologie.</font></p>

<p><font face="Times"><i>Implications budgétaires pour
l'Assemblée</i>: dans la limite des crédits disponibles pour
l'organisation de conférences par l'Assemblée</font></p>

<p><font face="Times"><i>Renvoi en commission</i>: Doc. 7884
rév., renvoi n</font><font face="Symbol">°</font><font face="Times"> .....</font></p>

<p><font face="Times"><i>Projet d'avis </i>adopté par la
commission le 3 septembre 1997 avec une abstention.. </font></p>

<p><font face="Times"><i>Projet de directive</i> adopté par la
commission le 3 septembre 1997 avec deux abstentions.</font></p>

<p><font face="Times"><i>Membres de la commission</i>: MM. <i>Melnikov</i>
(Président), M. Tiuri, Mme <i>Terborg</i>, M. <i>Birraux</i>
(Vice-présidents), MM. <i>About, Bartodziej</i>, Bauer, <i>Beaufays</i>,
Berceanu, Biga-Friganovic, <i>Bogar</i>,<i> Brunhart</i>, Caccia
(Remplaçant: <i>Plattner</i>), Cherep (Remplaçant: <i>Pasko</i>),
Cherribi, Chornovil (Remplaçant: <i>Yablonsky</i>), Cioni
(Remplaçant: <i>Olivo</i>), <i>Connolly</i>, Cunliffe, <i>Fernandez
Aguilar</i>, <i>Frey</i>, Hadjdemetriou, Ivanov, Janecek,
Johansson, <i>Karlsson</i>, Kitov, Külahli, Lambergs, Leers,
Lekberg, <i>Lenzer</i>, Liiv,<i> Lorenzi</i>, Maass, <i>Melcak</i>,
Mozgan, Nistad, Niza, Olrich, <i>Onaindia</i>, Pawlak, Petersen, <i>Prokes</i>,<i>
Prusi</i>, Raskinis, Rokos, Roseta, Ryabov, <i>Steolea</i>,
Szalay, <i>Theis</i>, <i>Sir Donald Thompson</i>, MM. <i>Jack
Thompson</i>, Turini (Remplaçant: <i>Speroni</i>), Vella, Weyts,
<i>Yürür</i>, Mme Zissi.</font></p>

<p><font face="Times"><i>N.B. Les noms des membres qui ont pris
part au vote sont imprimés en italique.</i></font></p>

<p><font face="Times">Secretaires de la commission: M. Lervik, M.
Torc_toriu.</font></p>
</body>
</html>
