20. Les autorités serbes sont très attachées à la recherche d'une solution pacifique au problème du Kosovo. Elles continueront toutefois à employer tous les moyens à leur disposition pour combattre le terrorisme et protéger leurs frontières. Le Kosovo est une affaire intérieure serbe qui sera réglée dans le cadre de la Serbie. L'intégrité territoriale de la Serbie, non celle de la RFY doit être protégée. La communauté internationale n'a jamais condamné le terrorisme et n'a jamais demandé à la partie albanaise de renoncer à son exigence d’indépendance.

22. Toutes les opérations de sécurité au Kosovo sont dirigées contre le terrorisme. Dix-huit policiers, cinq soldats et un certain nombre d’Albanais du Kosovo ont été tués depuis le début de l’année. Une maison qui sert pour tirer sur la police n’est plus un objectif civil. Parler de purification ethnique au Kosovo relève du cynisme, sachant qu’au début du siècle il y avait dans cette province plus de Serbes que d’Albanais. De plus, la communauté internationale est restée muette lorsque les Serbes de Krajina ont été chassés de chez eux en août 1995.

23. La Serbie n’acceptera jamais un Kosovo indépendant. Pour le reste, la constitution peut être modifiée et toutes les formes d’autonomie existantes sont acceptables. Ils sont opposés à la médiation internationale, du fait de mauvaises expériences antérieures. Cela finira par un arbritage, par l’imposition de solutions portant atteinte à l’intégrite territoriale de la Serbie.

25. Le Kosovo fait partie intégrante de la Serbie. Il faut trouver une solution dans les frontières existantes de la Serbie, sans médiation internationale.

26. Les autorités sont prêtes à reprendre le dialogue. Une délégation du Gouvernement serbe s’est rendu à Pristina à treize reprises. Lorsque le dialogue s’est finalement ouvert à la suite de la rencontre entre le président Miloševic et M. Rugova, les Albanais du Kosovo se sont retirés. Après la rupture des pourparlers, les attaques terroristes ont connu une escalade, 439 attaques terroristes ont eu lieu depuis le début de l’année contre 573 dans les sept années précédentes. 32 policiers et 64 civils ont été tués. Ni un Kosovo indépendant ni une troisième république ne sont acceptables. Tout le reste est possible.

M. Draskovic, Chef du Mouvement de renouveau serbe (SPO)

27. Les Serbes n’accepteront jamais que l’on touche aux frontières de la Serbie. Etant donné que les Accords de Dayton ont empêché la création de «mini-états» ethniques, la même chose devrait s’appliquer au Kosovo. La Serbie a souffert des sanctions, bien qu’elle fut victime d’une aggression. Le SPO a négocié sa participation au Gouvernement serbe, mais s’est retiré lorsque M. Miloševic a refusé de coopérer pleinement avec le tribunal de La Haye. Outre les Albanais du Kosovo et les Serbes, nombre d’autres nationalités vivent sur ce territoire. Le statu quo fait partie du marché passé entre M. Miloševic et M. Rugova. La création d’un état «fantôme» a bénéficié à M. Miloševic. Si les Albanais avaient participé aux élections en Serbie et au niveau fédéral, la domination du SPS aurait été sérieusement mise en cause.

28. Les droits fondamentaux de la population albanaise du Kosovo mais aussi ceux des jeunes policiers et soldats ne sont pas protégés. Des centaines de policiers refusent d’aller au Kosovo. Les parents des appelés demandent que leurs enfants n’y soient pas envoyés. Les gens ne sont pas prêts à aller se battre pour le Kosovo, mais ils n’accepteraient pas non plus que les frontières soient modifiées.

29. Toute solution durable nécessite de profonds changements démocratiques qui pourraient rendre la Serbie «attirante» pour les Albanais de souche. Cela pourrait se faire relativement vite. On peut citer en exemple le Monténegro, six mois après l’arrivée au pouvoir de M. Djukanovic une forte majorité de la population albanaise a voté pour son parti et non pour les deux partis albanais.

30. L’adhésion au Conseil de l’Europe a été demandée à un moment tout à fait innoportun. Le problème est de savoir comment éviter les frappes aériennes et non pas de savoir comment être accepté par une institution symbolisant la protection les droits de l’homme et la démocratie.

38. Le programme du parti, c’est un Monténegro multiculturel et multiconfessionnel. On s’attend à ce que la pression juridique, politique et médiatique et la violence visant le Monténegro continuent. M. Miloševic centralise la RFY pour priver le Monténegro de toute son autonomie. Le parti s’est joint à une coalition qui inclut le Parti du peuple – qui a fait volte--face sur le sujet de la démocratie – et le DPS du président Djukanovic qu’il soutiendra tant qu’il poursuivra dans la voie de réforme. Il a critiqué la décision de M. Djukanovic de participer à la récente réunion du Conseil suprême de la défense de la RFY où il a rencontré M. Miloševic et M. Butalovic. Sur la question du Kosovo: les deux parties devraient renoncer à leurs positions extrêmes et il ne faut pas modifier les frontières sans consensus. Avec la poursuite de la répression, l’option de l’indépendance gagne du terrain, mais elle ne ferait qu’apporter de nouveaux problèmes.

41. Ce parti représente les Albanais de souche. Il a participé à toutes les élections pluripartites depuis 1990 avec des résultats variables. Jusqu’à cette année, les problèmes de la communauté albanaise n’ont rencontré que peu de compréhension et aucune des propositions des représentants politiques albanais n’a été adoptée par le parlement en 1997. Dans le nouveau parlement il occupe un siège, de même que le deuxième parti albanais. C’est bien inférieur à ce que l’on attendait, de nombreuses voix albanaises étant allées à la coalition au pouvoir qui avait fait des promesses électorales peu réalistes.

42. Il n’y a pas un seul dirigeant politique au Kosovo qui pourrait accepter que le Kosovo reste dans le cadre de la RFY. Le Kosovo était l’une des huit entités fédérées de l’ancienne Yougoslavie.

43. Le Monténegro fait partie de la RFY qu’il n’entend pas quitter. De profondes réformes démocratiques sont toutefois nécessaires. C’est également la condition préalable d’une solution durable au Kosovo. Cela devrait pouvoir être réalisé sans modifier les frontières existantes, peut-être avec un degré plus élevé d’autonomie au sein de la Serbie et avec une forme ou une autre de représentation au niveau fédéral. Les frappes aériennes contre des objectifs militaires ne feraient que consolider la position de M. Miloševic qui a toujours su tirer profit des souffrances de son peuple. En outre, l’armée yougoslave a donné l’assurance qu’elle n’avait pas été et n’avait pas l’intention d’être impliquée dans la crise au Kosovo.

48. Le nombre réel de réfugiés est difficile à estimer. Les sources locales gonflent toujours les chiffres. La dernière évaluation du Haut Commissariat remonte à une quinzaine de jours: 42 000 personnes déplacées au Kosovo, 12 000 en Albanie et 8 000 au Monténegro. Il s’agit d’évaluations approximatives étant donné que nombre de réfugiés restent à proximité de leur domicile, y retournent et prennent de nouveau la fuite ce qui fait qu’ils sont enregistrés deux fois. Il y a beaucoup de fluctuations. Les organismes internationaux n’ont pas accès à de nombreuses zones de conflit. Il n’y a pas pour l’instant de problème d’approvisionnement en denrées alimentaires, mais les problèmes sanitaires sont graves. La situation se détériorera si l’on ne trouve pas de solution avant l’automne, avant le début des froids.

49. Dans les endroits où on a pu accéder, le type de destruction était différent de ce que l’on trouvait, par exemple, en Bosnie et Herzégovine. Les maisons semblaient être visées de manière sélective et l’on ne constatait pas de destructions systématiques. Les gens ne fuient pas tous, certains restent cachés à proximité et reviennent à l’occasion. Les Albanais armés rencontrés étaient généralement des civils qui ne donnaient pas l’impression d’appartenir à une formation militaire entraînée et dotée d’un commandement central.


1 . Ambassadeurs de Hongrie, Pologne, Espagne, représentants diplomatiques d'Allemagne, Italie, Suisse, Etats-Unis et Royaume Uni.

2 1. M. Bloetzer a rejoint la délégation jeudi soir.