Strasbourg, le 25 septembre 2002
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs, Chers collègues,
J'ai l'honneur et le plaisir de prendre la parole devant cette éminente assemblée et je tiens au nom du Conseil nordique, à vous remercier chaleureusement, Monsieur le Président et toute l'Assemblée, de votre aimable invitation.
Le Conseil nordique est l'organe régional de coopération interparlementaire qui regroupe les cinq pays nordiques, ainsi que trois régions autonomes, les Iles Féroé, le Groenland et les Iles d'Åland. Cette année, nous célébrons notre cinquantième anniversaire. Au cours de ce premier demi-siècle, la coopération nordique a donné d'excellents résultats mettant en _uvre quantité de mesures communes pour intensifier la coopération politique et faciliter la vie quotidienne à nos citoyens et à nos entreprises. L'union des passeports, le marché du travail commun, l'espace commun de protection sanitaire et sociale, les règles communes dans le domaine de l'éducation et de la recherche ne sont que quelques exemples parmi beaucoup d'autres de ce que la coopération a produit comme résultats. Nous accordons également une très grande importance à un développement durable et je tiens à le rappeler ici. Le Conseil nordique a approuvé l'année dernière l'un des premiers programmes régionaux pour un développement durable que nous avons d'ailleurs eu l'occasion de présenter au Sommet mondial, à Johannesburg, il y a quelques semaines.
Les parlementaires nordiques se sentent très liés à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. L'Assemblée a été, et reste, l'un des moteurs de la construction de l'Europe. Sa force et sa solidité, lui viennent de sa volonté de protéger, de défendre et de développer les droits de l'homme, la démocratie, la liberté et la sécurité pour tous les peuples d'Europe. Ces valeurs sont aussi celles sur lesquelles se fonde le développement politique et social des pays nordiques.
Je crois qu'il est important de reconnaître que ces valeurs se gagnent et se méritent et qu'elles ne vont pas de soi. Nous sommes témoins aujourd'hui d'inquiétantes manifestations de courants extrémistes et antidémocratiques. Nos valeurs démocratiques sont menacées, rejetées par les tenants de doctrines. Il nous faut donc veiller sans relâche à protéger et à développer nos acquis démocratiques. Tout doit être mis en _uvre à cet effet. Votre Assemblée parlementaire a toujours été un précurseur à cet égard. L'Assemblée a défendu de tous temps avec succès la cause des droits de l'homme, tout en prenant fermement et résolument position contre le terrorisme sous toutes ses formes. Je m'en félicite avec elle.
Monsieur le Président, le meilleur moyen d'_uvrer à la liberté, à la sécurité et à la prospérité est, me semble-t-il, d'encourager la démocratie et de promouvoir un développement social et économique équitable. Les activités internationales du Conseil nordique se concentrent sur les régions adjacentes. A cet égard, la région de la mer baltique et la Russie septentrionale ainsi que la région de l'océan arctique et de la Mer de Barents sont d'une importance cruciale. Nous avons, par exemple, un accord de coopération avec l'Assemblée Balte et d'étroits contacts et des échanges suivis avec la Douma d'Etat Russe et le Conseil de la Fédération. Il est de notre intérêt à tous que le développement démocratique, économique et social puisse s'opérer dans la stabilité et contribuer à combler le fossé entre les régions prospères et celles qui le sont moins.
Immédiatement après mon intervention, votre Assemblée examinera la question de Kaliningrad. Cette discussion revêt à la fois un caractère d'actualité et d'urgence. J'attends avec beaucoup d'intérêts les rapports de Mme Ragnarsdottir et de Mme Burbiene sur la situation à Kaliningrad.
La Dimension septentrionale met l'accent sur les conditions et les problèmes dans le nord-ouest de la Russie. Je ne saurais souligner assez la nécessité d'accorder une attention particulière à la situation de Kaliningrad. Cette région connaît de nombreux problèmes. L'un des défis les plus urgents à relever est donc de briser le cercle vicieux du retard économique et des problèmes sociaux de Kaliningrad.
La question de Kaliningrad sera aussi un point important à l'ordre du jour de la onzième Conférence parlementaire de la Mer baltique, qui aura lieu à St Pétersbourg la semaine prochaine. (Je note avec satisfaction que Mme Sigita BURBIENE, de Lituanie, a déjà annoncé qu'elle aborderait la question de Kaliningrad lors de la conférence.)
La proposition faite par la Commission européenne mercredi dernier, visant à introduire un visa de transit privilégié pour les citoyens russes se déplaçant fréquemment entre l'oblast de Kaliningrad et la Russie, semble être une initiative novatrice en vue du règlement de la question de la circulation transfrontalière pour les citoyens de Kaliningrad.
Monsieur le président,
Dans quelques années, la configuration de l'Europe sera modifiée. Les différents pays européens se regrouperont au sein de structures diverses. D'aucuns craignent que cela constitue un obstacle à la coopération. Je ne suis pas de cet avis. Tout d'abord, il existe une communauté d'approches, notamment en ce qui concerne la démocratie et les droits de l'homme, qui fournit une base solide pour une coopération plus poussée. En outre, je pense que la combinaison de diverses solutions peut renforcer notre capacité globale à faire face aux défis que l'Europe doit relever.
Il importe que nous, parlementaires, encouragions cette évolution en offrant un soutien politique, en exerçant des pressions politiques et en prenant des initiatives politiques pour renforcer la dynamique de ce processus. L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a un rôle moteur à jouer à cet égard. Le Conseil nordique lui apporte son soutien et espère maintenir des contacts fructueux pendant de longues et nombreuses années.
Je vous remercie.