Intervention de Ziad ABU ZAYYAD, membre du Conseil législatif palestinien
Extrait du compte-rendu
Strasbourg, le 25 avril 2002
M. ZAYYAD (Palestine) (Interprétation) remercie chaleureusement le Conseil de l'Europe et les membres de la commission des questions politiques pour les efforts qu'ils ont entrepris afin de lui permettre de venir à Strasbourg aujourd'hui. Il sait qu'ils n'ont pas ménagé leurs efforts, de même d'ailleurs que son collègue israélien M. Haïm. C'est un ami de longue date mais l'orateur ne pense pas qu'il a fait aujourd'hui son meilleur discours. Il comprend très bien l'ambiguïté de la position qui est la sienne aujourd'hui puisque, homme de paix, il doit défendre son gouvernement qui ne tient pas à conclure la paix.
Le gouvernement Sharon dit avoir déclaré la guerre au terrorisme, désirant revenir à la situation antérieure aux accords d'Oslo. Ariel Sharon a su attirer dans son camp à la fois les libéraux et les fanatiques d'extrême-droite. Certains responsables israéliens appellent ouvertement à l'épuration ethnique et au transfert du peuple palestinien vers les pays arabes environnants, quand ce n'est pas dans le désert du Sinaï.
La guerre actuelle ne se limite pas au terrorisme. Elle frappe les institutions civiles palestiniennes, ses ministères, ses infrastructures de données, ses routes, ses installations d'eau et d'électricité. Vider les coffres des ministères et même d'une banque privée ne relève pas de la lutte contre le terrorisme.
L'autorité palestinienne a toujours condamné fermement les attentats-suicides. Elle a même réussi à y mettre un terme à certaines périodes. Le gouvernement Sharon n'en a pas moins continué sa politique ciblée d'assassinats politiques appelant en représailles des actes de vengeance. Arafat a demandé à Sharon de l'aider à faire cesser la terreur mais, tout au contraire, Israël a démantibulé les infrastructures policières palestiniennes et nombre de policiers ont été tués ou arrêtés. Les palestiniens n'ont plus que leurs ruines pour lutter contre le terrorisme. Ils ne sont même plus en mesure d'assurer leur propre sécurité interne. C'est avec des ressources bien insuffisantes que des centaines de policiers en tenue bleue tentent actuellement de protéger les rues et d'aider la société civile à se reconstruire.
Si on veut que Yasser Arafat lutte contre le terrorisme, il faut lui en donner les possibilités et les moyens. Le dénoncer aux yeux du monde comme le premier des terroristes, le dénigrer systématiquement ne sert à rien. Arafat est le seul à pouvoir négocier au nom du peuple palestinien. M. Haïm a parlé de la générosité de Barak à Camp David. Les Palestiniens ne veulent pas de cette générosité. Ils veulent la fin de l'occupation militaire dont ils sont victimes. Ils veulent la fin des implantations israéliennes. Ils veulent que les biens confisqués leur soient restitués. Ils veulent pouvoir revenir à une table de négociations avec des garanties internationales. Alors seulement il sera possible de recourir à des pourparlers de paix.