Intervention de Haïm Ramon, représentant de la Knesset
Extrait du compte-rendu
Strasbourg, le 25 avril 2002
M. HAIM, Représentant de la Knesset (Israël) (Interprétation) remercie l'Assemblée de l'opportunité qui lui est offerte de s'exprimer devant elle.
Il dit faire partie de ceux qui, depuis longtemps, se battent pour un règlement équilibré du conflit entre Israël et les Palestiniens. Il a pris position il y a vingt ans pour la création d'un Etat palestinien, il a participé aux négociations d'Oslo en tant que membre du gouvernement Rabin et a participé au cabinet Barak à l'époque des pourparlers de Camp David.
Israël, nation libre, est confronté aujourd'hui à des actes terrifiants; des jeunes sont assassinés dans des discothèques ou des restaurants, des familles entières sont tuées. Les palestiniens, eux aussi, peuvent faire état de faits tragiques, mais il faut dire les choses comme elles sont. Il y a dix ans, à Oslo, Israël et les palestiniens se sont mis d'accord. Les seconds disposaient de leur propre territoire, pour la première fois de leur histoire, et s'engageaient à résoudre tout litige par la négociation. Israël a même fourni des armes à leur police pour leur permettre d'affronter le terrorisme. Rabin leur a fait confiance. En juillet 2000, à Camp David, le premier ministre Barak a fait l'offre la plus généreuse qu'ait jamais proposée Israël: 95% du territoire, la partition de Jérusalem, la destruction de la plupart des colonies. Et les Palestiniens ont refusé.
Deux mois plus tard, l'Intifada était lancée et Arafat lui-même violait les bases mêmes de l'accord d'Oslo. Il libérait tous les terroristes du Hamas et du Djihad islamique. Une vague d'actes terroristes était déclenchée contre la population civile d'Israël, menée aussi par des activistes du Fatah. Arafat lui-même, considéré comme un chef d'Etat, leader historique du peuple palestinien, utilisait ainsi le terrorisme comme un instrument politique. Là est le problème, même si le gouvernement israélien n'est pas exempt de critiques.
Tant que l'autorité palestinienne ne comprendra pas que le terrorisme est intolérable, aucun règlement ne pourra intervenir. La majorité des israéliens sont prêts à reconnaître un Etat palestinien et à faire des concessions importantes, même aujourd'hui. Pourquoi les Palestiniens privilégient-ils la violence, alors que ce sont eux qui en souffrent le plus ? Qu'Arafat renonce à la violence et fasse cesser le terrorisme et la voie d'Oslo pourra être reprise. C'est seulement ainsi qu'une solution raisonnable et équitable pourra être trouvée.